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édito de la revue rodéo 1

 Comment rodéo est apparu, une autre fois ?

……………. d’une façon où rien n’allait de soi, étant donné

que les protagonistes formaient un ensemble hétérogène

que l’édition papier était sur le point de devenir un luxe
et que la micro-édition pouvait être prise comme une fantaisie alternative individualiste


que l’évidence à proposer un regard n’avait que faire des regrets ou injonctions,
même si la vanité et le décoratif rôdaient toujours en faussaires


que l’appétit de transformer les grimaces tristes de la société était tellement vif
qu’il faisait, malgré lui, apparaître des bosses sous le tapis et annonçait un risque de chute (si empressement)


que l’art de la stratégie avait gagné certains corps (pas seulement les plus jeunes)
– parfois avec la cape de la méfiance comme protection ou parure d’assaut, la selle du cavalier comme outil modulable pour changer de monture, le départ impromptu pour des terres lointaines en gardant Internet sous le coude, le lacet à refaire quand on commence à être trop sérieux, le calumet à faire passer en guise de réconciliation ontologique, ou encore le poing sur la table comme tremblement collectif –


que l’énonciation de notions communes était souvent interrompue par peur de fabriquer
des idéaux ou des mots d’ordre


que l’hétérarchie avait deux faces opposées : l’auto-organisation et l’autorégulation


qu’au cœur même des tables rondes la disposition des tables pouvait d’un coup basculer – en U, T, L , I ou [


que la possibilité de changer d’avis, de ne pas craindre les virages était d’importance,

que la seule chose était de ne pas en faire un style préconçu – mais juste de voir où les surgissements inattendus pouvaient piquer


que créer s’était fait presque manger par la créativité
et que l’urgence de certaines réponses face à l’acuité des événements tiraillait vers d’autres types d’engagement ou d’opération


que ce n’était pas gagné (heureusement : ! ou ?)

que l’équipe poursuivait, dès lors, ses rassemblements ; se débattait


qu’il fallait être sauvagement attentifs pour voir comment le printemps arabe serait accueilli dans les manuels scolaires français


que le conflit pouvait être confondant s’il véhiculait de la haine


que les affects seraient toujours dans l’arène


que les conglomérats des industries médiatiques (et culturelles) avaient pris une sacrée avance en invisibilité affective, ce qui pouvait être mis en parallèle (même si ce n’était pas la même chose) avec le bâillonnement de la philosophie politique


que les épaules des boursicoteurs tremblaient finalement peu comparées aux caisses publiques

(lesquelles étaient plus étroitement liées aux protagonistes)


qu’il fallait extirper de l’insatisfaction toute tentative de nostalgie, d’abattement et de dénonciation

qu’il s’agissait plutôt de s’encourager à débusquer (encore) ou inviter d’autres leviers (rationnels ou fictionnels)


que les songes empruntaient toujours une autre vitesse


que rodéo n’avait pas de ligne éditoriale à proprement parler

 

mary chebbah pour rodéo

 

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